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Isolation sociale des aînés par l'étalement urbain

Depuis la deuxième guerre mondiale, la majorité des développements urbains nord-américains ont été orientés autour de l'automobile : les secteurs résidentiels, commerciaux et industriels sont isolés les uns des autres par de grandes voies de circulation peu propices à tout mode de circulation autre que la voiture. Ce mode de développement du territoire, qui prend pour acquis que tous disposent des moyens physiques et financiers pour se déplacer en automobile, mène à une grossière iniquité sociale envers ceux qui ne conduisent pas. C'est le point de vue qu'Andrew Price défend sans son dernier article How suburban poverty affects seniors.

L'urbaniste américain, qui écrit régulièrement pour l'organisme Strong Towns, souligne que si les limitations de transport pour les adolescents sont temporaires, pour les aînés et les personnes à mobilité réduite, ce n'est pas le cas. Les aînés vivant à l'extérieur des centres urbains perdent de facto leur indépendance le jour ou ils ne peuvent plus conduire. Leurs options se limitent alors à emménager en résidence pour aînés, continuer de conduire même s'ils ne devraient pas, ou dépendre de leurs proches ou d'une aide rémunérée pour leurs déplacements. Ces options sont toutes humiliantes et cruelles et pourtant elles sont les seules a notre disposition tant qu’on continue de prioriser l’automobile dans notre façon de développer notre environnement.

Même ces villages de retraités, construits aux États-Unis, ne sont pas la solution : bien que marchables et accommodants a l’intérieur, ces derniers sont souvent construits dans une banlieue tout à l’auto et isolent les gens qui y vivent du reste de la communauté. Affirmer que les résidents y ont la liberté d’aller et venir comme bon leur semble, c'est considérer qu'ils n'y vivront pas sans voiture, ou qu'une navette hebdomadaire vers l’épicerie, c’est de la liberté.

L'aménagement d'un réseau de transport en commun ne constitue pas non plus, selon l'auteur, une solution acceptable. Ces réseaux, surimposés à posteriori dans un environnement pensé pour se déplacer en voiture d'un endroit à l'autre, permettent uniquement de se déplacer en autobus d'un endroit à l'autre. Ceci n'est ni plaisant ni productif lorsque l'on prévoit visiter plusieurs endroits dans une même journée mais que l'on doit attendre un autobus 30 minutes entre chaque déplacement.

Ceci explique d'ailleurs pourquoi le transport en commun a si mauvaise réputation et pourquoi la voiture représente la liberté. Pour rendre le transport en commun attrayant et utile, on doit développer des cœurs urbains forts, constituant des destinations intéressantes et complètes : attendre 30 minutes pour un autobus à l'aller et au retour est acceptable si, une fois a destination, on peut y faire toutes ses courses à pied et y passer un moment agréable. Autrement, on ne fait que gaspiller les ressources publiques sur un service que personne n'utilise.

Avant de dire qu'une municipalité est « orientée vers les familles » on doit se demander si chaque génération, incluant les ados, les personnes à mobilité réduite et les aînés, y trouvent leur compte. Qu'en pensez-vous? 

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